Verre moulé et soufflage

Verre moulé et soufflage (environ 1500 av. J.C.)
glass-verre
Les plus anciennes pièces de verre (ornements, récipients), fabriquées entre 1557 et 1530 avant J.C., étaient sculptées dans des blocs de verre. Vers 300 avant J.C., à Alexandrie, la technique s’affine grâce à l’invention du verre moulé, c’est-à-dire fondu puis coulé dans un moule.
La grande innovation, qui va permettre sa fabrication à bon marché, c’est le soufflage, au Ier siècle avant J.C. Cette technique fut sans doute mise au point en Syrie, mais ce sont les Romains qui en assurèrent la diffusion dans tout leur empire.
Les laboratoires de chimie utilisent toujours la technique du soufflage pour certains instruments.

Le verre de Venise (1463)

On sait qu’il y avait des verriers à Venise dès la fin du Xe siècle. En 1271, la profession se donna un statut. Pour des raisons de nuisances industrielles (déjà la pollution), les verriers durent se concentrer dans l’île de Murano. Cet isolement leur permettait, en contrepartie, de garder jalousement leurs secrets de fabrication : les verriers de Murano n’avaient pas le droit de s’expatrier et, s’ils le faisaient, ils risquaient la mort. L’invention du « cristallin » de Venise, verre dont la pureté le faisait ressembler au cristal de roche, est attribuée à un verrier de Murano, Beroverio, en 1463.

Le cristal (1675)

C’est un verrier anglais, George Ravenscroft, qui mit au point le cristal « industriel » en 1675.

Le coulage du verre (vers 1680)

Véritable révolution technologique, le coulage du verre sur table a permis la fabrication de glaces de très grandes dimensions. Ce nouveau procédé, apparu vers 1680, était dû au Français Louis Lucas de Nehou, de la Compagnie des Glaces, fondée par Colbert. A partir de 1693, la Compagnie fabriqua ses « Grandes Glaces » à Saint-Gobain, en Picardie.

Le verre trempé (1874)

La technique de fabrication industrielle du verre trempé fut brevetée les 13 juin et 6 juillet 1874, par le Français François Royer de la Bastie.
La première analyse théorique de la trempe thermique fut publiée en 1929 par J.T. Littleton et F. Preston, de Corning Glass) est réservée aux produits qui nécessitent une très haute qualité, comme les hublots du Concorde.

Le verre armé (1893)

En 1893, le Français Léon Appert ouvre la voie à la fabrication d’un verre plat armé, obtenu par laminage. Vers 1918, deux ingénieurs, Emile Fourcault (Belgique) et Irving Colburn (USA), inventeront simultanément et sans se connaître une méthode pour fabriquer le verre plat en ruban continu : la méthode de l’étirage.

Le Pyrex (1915)

Deux chercheurs du laboratoire de Corning Glass Works (USA), E.C. Sullivan et W.C. Taylor, travaillant sur les verres de lampes de signalisation pour les chemins de fer, inventèrent une nouvelle formule de borosilicate (verre borosilicaté), brevetée en 1915, qui fut commercialisée sous le nom de Pyrex.
Elle fut aussitôt utilisée pour fabriquer des ustensiles de cuisine et de la verrerie de laboratoire.

Pour les lampes halogènes

Le verre à 96 % de silice (Vycor) qui constitue les enveloppes de la plupart des lampes halogènes, fut inventé en 1939 par M.E. Nordberg et H.R. Hood deux chercheurs de Corning Glass.

Le verre flotté (1958)

Le float glass (ou verre flotté) a été inventé en 1958 par l’Anglais sir Alastair Pilkington. On l’obtient dans un four géant capable de produire chaque jour 500 à 600 tonnes de verre. Le procédé consiste en fait à verser du verre liquide en fusion sur de l’étain en fusion (~1100°C). Le verre étant plus léger que l’étain, il flotte au dessus (d’où le nom du procédé), comme de l’huile sur de l’eau. On obtient un état de surface de qualité en grandes dimensions (le float débite des volumes de 6m × 3,21m), et avec une capacité de production journalière importante.
A quoi sert-il ? A tout, ou pratiquement : fabrication de pare-brise pour les automobiles, murs de verre pour l’architecture, verre extramince pour l’optique, la photographie et l’aérospatiale… C’est grâce au float glass que le verre, demeuré longtemps une activité traditionnelle, est devenu une véritable industrie lourde.

La fibre de verre (1836)

La fibre de verre, tellement utilisée de nos jours, est une invention déjà ancienne. C’est en 1836, qu’un négociant de Lille, Ignace Dubus-Bonnel, déposa une demande de brevet d’invention portant sur le « tissage du verre rendu malléable par la vapeur, pur ou mélangé avec la soie, laine, coton ou lin ».
Les tissus de Dubus-Bonnel furent primés à l’Exposition de 1839 et l’inventeur exécuta, en 1840, les draperies devant orner le char funèbre, lors du transfert des cendres de Napoléon aux Invalides.
Malgré le succès remporté, la nouvelle fibre, sans doute trop chère à fabriquer, tomba dans l’oubli.

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